L’avenir de l’Europe est l’Afrique, l’avenir de l’Afrique est l’Europe

Nous nous réveillons enfin. La possibilité que les avancées technologiques de la Chine, ses bas coûts de production et l’ampleur de ses aides d’Etat n’aient raison de secteurs de pointe de l’industrie européenne et non plus seulement de fabrications sans valeur stratégique sonne l’alarme dans toute l’Union.

C’est sur la nature des mesures à prendre et non plus sur leur nécessité qu’on se dispute mais il ne suffit pourtant pas d’ouvrir les yeux et de nous défendre. Il nous faut passer de la défensive à l’offensive, ne plus uniquement penser à nous protéger des surproductions chinoises mais imposer à Beijing un rapport de forces qui l’oblige à négocier et revoir ses politiques.

Ce ne sera pas sans risques. Dans la bataille qui s’ouvre, les Chinois recourront aux mesures de rétorsion dont ils nous menacent déjà mais nous disposons, nous, de deux atouts essentiels.

Le premier est notre taille. L’Union n’est pas l’ensemble le plus peuplé du monde. Elle n’est pas non plus le plus étendu mais avec nos quelque 450 millions d’habitants et bientôt beaucoup plus, nos pouvoirs d’achat et nos taux d’épargne, nous constituons un marché dont la Chine (pas plus d’ailleurs que les Etats-Unis) ne peut simplement pas se passer. Si l’accès au marché européen lui était ne serait-ce que partiellement fermé, l’industrie chinoise aurait beaucoup de mal à trouver d’autres débouchés aussi profitables.

Cela nous met en position d’exiger une renégociation globale de nos relations commerciales. A la seule condition que notre détermination et notre unité ne fassent pas de doute, nous pouvons aller au bras de fer car les Chinois sont obligés à un compromis encore plus nécessaire à leur économie qu’à la nôtre.

Et puis il y a l’Afrique. Elle comptera deux milliards et demi d’habitants en 2050. Comme l’Asie au siècle dernier, elle est la puissance émergente de ce siècle et c’est d’abord là, du Maghreb à l’Afrique du Sud, du Sénégal au Kenya, que se jouera notre rapport de force avec la Chine.

Ou bien nous laissons l’industrie chinoise prendre une telle force en Afrique que nous n’aurons bientôt plus les moyens de lui faire face en Europe, ou bien nous opposons un front eurafricain au colonialisme industriel de la Chine.

Ou bien nous laissons l’industrie chinoise continuer à faire de l’Afrique sa chasse gardée en s’y assurant, dans chaque secteur, d’incontournables positions dominantes, ou bien nous proposons à l’Afrique un codéveloppement gagnant-gagnant passant par des partenariats industriels dans les productions de masse comme les secteurs-clés. .

La Méditerranée n’est pas une mer. C’est un lac dont les rives sont parfaitement complémentaires. Au sud, l’Afrique a besoin d’investissements pour développer son industrie, réduire son chômage en offrant du travail à une jeunesse qui n’a aujourd’hui d’autre choix que la route de l’Europe, augmenter ses rentrées fiscales, se doter des infrastructures qui lui font défaut et freiner puis arrêter la fuite de ses cerveaux.

Au nord, l’Europe a besoin de retrouver ailleurs qu’en Chine une main-d’œuvre moins coûteuse que la sienne, de trouver de réels moyens d’endiguer la crise politique dans laquelle la plonge l’immigration illégale et d’assurer de nouveaux débouchés à ses capitaux et à ses exportations afin de remuscler ses industries face à celles de la Chine.

L’avenir de l’Europe est l’Afrique comme l’avenir de l’Afrique est l’Europe.

Français, anglais et portugais, nous avons des langues communes. Les diasporas africaines sont nombreuses en Europe et pourraient vite constituer un ciment naturel entre nos continents. Le coût financier et environnemental des transports entre l’Afrique et l’Europe est infiniment plus bas qu’entre l’Europe et l’Asie. Et puis la géographie nous le dit : unies et non pas séparées par la Méditerranée, l’Afrique et l’Europe constitueront un ensemble continu, cœur battant du monde et, pour peu que nous le voulions, première puissance économique de demain.

Image : Union européenne

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L’avenir de l’Europe est l’Afrique, l’avenir de l’Afrique est l’Europe

Nous nous réveillons enfin. La possibilité que les avancées technologiques de la Chine, ses bas coûts de production et l’ampleur de ses aides d’Etat n’aient raison de secteurs de pointe de l’industrie européenne et non plus seulement de fabrications sans valeur stratégique sonne l’alarme dans toute l’Union.

C’est sur la nature des mesures à prendre et non plus sur leur nécessité qu’on se dispute mais il ne suffit pourtant pas d’ouvrir les yeux et de nous défendre. Il nous faut passer de la défensive à l’offensive, ne plus uniquement penser à nous protéger des surproductions chinoises mais imposer à Beijing un rapport de forces qui l’oblige à négocier et revoir ses politiques.

Ce ne sera pas sans risques. Dans la bataille qui s’ouvre, les Chinois recourront aux mesures de rétorsion dont ils nous menacent déjà mais nous disposons, nous, de deux atouts essentiels.

Le premier est notre taille. L’Union n’est pas l’ensemble le plus peuplé du monde. Elle n’est pas non plus le plus étendu mais avec nos quelque 450 millions d’habitants et bientôt beaucoup plus, nos pouvoirs d’achat et nos taux d’épargne, nous constituons un marché dont la Chine (pas plus d’ailleurs que les Etats-Unis) ne peut simplement pas se passer. Si l’accès au marché européen lui était ne serait-ce que partiellement fermé, l’industrie chinoise aurait beaucoup de mal à trouver d’autres débouchés aussi profitables.

Cela nous met en position d’exiger une renégociation globale de nos relations commerciales. A la seule condition que notre détermination et notre unité ne fassent pas de doute, nous pouvons aller au bras de fer car les Chinois sont obligés à un compromis encore plus nécessaire à leur économie qu’à la nôtre.

Et puis il y a l’Afrique. Elle comptera deux milliards et demi d’habitants en 2050. Comme l’Asie au siècle dernier, elle est la puissance émergente de ce siècle et c’est d’abord là, du Maghreb à l’Afrique du Sud, du Sénégal au Kenya, que se jouera notre rapport de force avec la Chine.

Ou bien nous laissons l’industrie chinoise prendre une telle force en Afrique que nous n’aurons bientôt plus les moyens de lui faire face en Europe, ou bien nous opposons un front eurafricain au colonialisme industriel de la Chine.

Ou bien nous laissons l’industrie chinoise continuer à faire de l’Afrique sa chasse gardée en s’y assurant, dans chaque secteur, d’incontournables positions dominantes, ou bien nous proposons à l’Afrique un codéveloppement gagnant-gagnant passant par des partenariats industriels dans les productions de masse comme les secteurs-clés. .

La Méditerranée n’est pas une mer. C’est un lac dont les rives sont parfaitement complémentaires. Au sud, l’Afrique a besoin d’investissements pour développer son industrie, réduire son chômage en offrant du travail à une jeunesse qui n’a aujourd’hui d’autre choix que la route de l’Europe, augmenter ses rentrées fiscales, se doter des infrastructures qui lui font défaut et freiner puis arrêter la fuite de ses cerveaux.

Au nord, l’Europe a besoin de retrouver ailleurs qu’en Chine une main-d’œuvre moins coûteuse que la sienne, de trouver de réels moyens d’endiguer la crise politique dans laquelle la plonge l’immigration illégale et d’assurer de nouveaux débouchés à ses capitaux et à ses exportations afin de remuscler ses industries face à celles de la Chine.

L’avenir de l’Europe est l’Afrique comme l’avenir de l’Afrique est l’Europe.

Français, anglais et portugais, nous avons des langues communes. Les diasporas africaines sont nombreuses en Europe et pourraient vite constituer un ciment naturel entre nos continents. Le coût financier et environnemental des transports entre l’Afrique et l’Europe est infiniment plus bas qu’entre l’Europe et l’Asie. Et puis la géographie nous le dit : unies et non pas séparées par la Méditerranée, l’Afrique et l’Europe constitueront un ensemble continu, cœur battant du monde et, pour peu que nous le voulions, première puissance économique de demain.

Image : Union européenne

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