La Palestine, Israël et la France

« Je n’ai pas d’autre solution », m’a-t-il rétorqué. Je venais de lui demander s’il croyait encore à la coexistence d’Israël et de la Palestine à créer et cet ancien ministre palestinien, vétéran des rencontres pour la paix, a vite clos le débat, agacé qu’on puisse encore poser de telles questions.

S’il était là, vendredi dernier, à cette journée pour la solution à deux Etats organisée par le ministère français des Affaires étrangères, c’est qu’il faut marteler, contre vents et marées, contre bombes et missiles, que la paix passe obligatoirement par une reconnaissance croisée de la Palestine et d’Israël car sinon quoi ?

Les Palestiniens jettent les Israéliens à la mer ?

Les Israéliens expulsent les Palestiniens vers l’Egypte, le Liban, la Syrie et la Jordanie ?

L’un de ces deux peuples massacre l’autre jusqu’au dernier dans ce qui serait bel et bien un génocide ?

Aucun de ces scénarios n’est heureusement crédible. Tous seraient haïssables et si l’idée d’un Etat binational peut paraître séduisante, elle est simplement irréaliste puisque les Palestiniens tiennent tout autant que les Israéliens à un Etat national.

La solution à deux Etats est la seule. Il n’y en a pas d’autre et c’est la première des raisons pour lesquelles elle refait aujourd’hui surface, bien trop lentement mais sûrement. Le Hamas avait cru la torpiller avec le 7 octobre. La droite et l’extrême-droite israéliennes avaient espéré en faire oublier jusqu’à la possibilité en écrasant Gaza sous les bombes et terrorisant la Cisjordanie mais rien n’y a fait.

Cette solution à laquelle si peu de gens voulaient encore croire il y a si peu de temps est en train de fédérer de nouveaux militants de la paix israéliens et palestiniens. France en tête, de plus en plus d’Etats la remettent en avant et la deuxième raison pour laquelle on assiste aujourd’hui à cette renaissance d’une utopie est que la barbarie n’a conduit qu’à l’impasse.

La tuerie planifiée du Hamas n’a redonné ni force ni élan au mouvement national palestinien mais, au contraire, plongé des centaines de milliers de familles dans le désespoir d’une horreur sans nom et quel est, de l’autre côté, le bilan de Benjamin Netanyahou ?

Il avait cru pouvoir profiter du 7 octobre pour éliminer à tout jamais le Hamas, remettre la main sur Gaza, défaire les alliés de l’Iran et renverser son régime mais le Hamas et le Hezbollah survivent à leur affaiblissement, cette guerre que Donald Trump avait cru gagner en une frappe n’a pas eu raison du régime iranien et l’image internationale d’Israël s’est profondément dégradée.

Benjamin Netanyahou n’aura pas été meilleur stratège que le Hamas et que peut maintenant faire Israël des Gazaouis oubliés et dénués de tout dans un champ de ruines envahi par les rats ? Pourrait-il vraiment en faire les femmes de chambre et maîtres-nageurs de la Riviera de Donald Trump ? Poser la question, c’est y répondre et qu’est-ce que les terroristes de l’extrême-droite israélienne peuvent faire des paysans cisjordaniens qu’ils aimeraient tant chasser de leurs terres ?

Ils n’en ont pas la moindre idée et c’est ainsi que, rouges de sang, les mauvais bergers de ces deux peuples n’ont plus rien à leur proposer. Ils ne sont plus qu’une commune faillite alors que les élections israéliennes et palestiniennes des prochains mois vont placer aux commandes de nouvelles figures qui devront faire face à l’échec des extrémismes et chercher à en sortir en tentant bientôt de rouvrir les chemins de la paix.

Israéliens et palestiniens, les hommes et femmes de bonne volonté que la France vient de réunir autour du slogan « Deux peuples, deux Etats, un futur » ne sont aujourd’hui qu’une poignée d’utopistes mais c’est de leur côté qu’est le réalisme. C’est eux qu’il faut encourager. C’est à eux qu’il faut accorder un soutien international et, d’abord, celui de l’Europe, premier partenaire commercial d’Israël et premier soutien financier de l’Autorité palestinienne.

Photo : Musa Alzanoun @Pexels

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La Palestine, Israël et la France

« Je n’ai pas d’autre solution », m’a-t-il rétorqué. Je venais de lui demander s’il croyait encore à la coexistence d’Israël et de la Palestine à créer et cet ancien ministre palestinien, vétéran des rencontres pour la paix, a vite clos le débat, agacé qu’on puisse encore poser de telles questions.

S’il était là, vendredi dernier, à cette journée pour la solution à deux Etats organisée par le ministère français des Affaires étrangères, c’est qu’il faut marteler, contre vents et marées, contre bombes et missiles, que la paix passe obligatoirement par une reconnaissance croisée de la Palestine et d’Israël car sinon quoi ?

Les Palestiniens jettent les Israéliens à la mer ?

Les Israéliens expulsent les Palestiniens vers l’Egypte, le Liban, la Syrie et la Jordanie ?

L’un de ces deux peuples massacre l’autre jusqu’au dernier dans ce qui serait bel et bien un génocide ?

Aucun de ces scénarios n’est heureusement crédible. Tous seraient haïssables et si l’idée d’un Etat binational peut paraître séduisante, elle est simplement irréaliste puisque les Palestiniens tiennent tout autant que les Israéliens à un Etat national.

La solution à deux Etats est la seule. Il n’y en a pas d’autre et c’est la première des raisons pour lesquelles elle refait aujourd’hui surface, bien trop lentement mais sûrement. Le Hamas avait cru la torpiller avec le 7 octobre. La droite et l’extrême-droite israéliennes avaient espéré en faire oublier jusqu’à la possibilité en écrasant Gaza sous les bombes et terrorisant la Cisjordanie mais rien n’y a fait.

Cette solution à laquelle si peu de gens voulaient encore croire il y a si peu de temps est en train de fédérer de nouveaux militants de la paix israéliens et palestiniens. France en tête, de plus en plus d’Etats la remettent en avant et la deuxième raison pour laquelle on assiste aujourd’hui à cette renaissance d’une utopie est que la barbarie n’a conduit qu’à l’impasse.

La tuerie planifiée du Hamas n’a redonné ni force ni élan au mouvement national palestinien mais, au contraire, plongé des centaines de milliers de familles dans le désespoir d’une horreur sans nom et quel est, de l’autre côté, le bilan de Benjamin Netanyahou ?

Il avait cru pouvoir profiter du 7 octobre pour éliminer à tout jamais le Hamas, remettre la main sur Gaza, défaire les alliés de l’Iran et renverser son régime mais le Hamas et le Hezbollah survivent à leur affaiblissement, cette guerre que Donald Trump avait cru gagner en une frappe n’a pas eu raison du régime iranien et l’image internationale d’Israël s’est profondément dégradée.

Benjamin Netanyahou n’aura pas été meilleur stratège que le Hamas et que peut maintenant faire Israël des Gazaouis oubliés et dénués de tout dans un champ de ruines envahi par les rats ? Pourrait-il vraiment en faire les femmes de chambre et maîtres-nageurs de la Riviera de Donald Trump ? Poser la question, c’est y répondre et qu’est-ce que les terroristes de l’extrême-droite israélienne peuvent faire des paysans cisjordaniens qu’ils aimeraient tant chasser de leurs terres ?

Ils n’en ont pas la moindre idée et c’est ainsi que, rouges de sang, les mauvais bergers de ces deux peuples n’ont plus rien à leur proposer. Ils ne sont plus qu’une commune faillite alors que les élections israéliennes et palestiniennes des prochains mois vont placer aux commandes de nouvelles figures qui devront faire face à l’échec des extrémismes et chercher à en sortir en tentant bientôt de rouvrir les chemins de la paix.

Israéliens et palestiniens, les hommes et femmes de bonne volonté que la France vient de réunir autour du slogan « Deux peuples, deux Etats, un futur » ne sont aujourd’hui qu’une poignée d’utopistes mais c’est de leur côté qu’est le réalisme. C’est eux qu’il faut encourager. C’est à eux qu’il faut accorder un soutien international et, d’abord, celui de l’Europe, premier partenaire commercial d’Israël et premier soutien financier de l’Autorité palestinienne.

Photo : Musa Alzanoun @Pexels

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