On ne peut pas imaginer plus vertigineuse bassesse que celle de Donald Trump car qu’est-ce qui a fait exploser les prix du carburant ?
Aucun automobiliste ne l’ignore. Le renchérissement de l’essence et du diesel ne date pas des sanctions prises contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine mais de la guerre d’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz. Les faits sont là. Ce n’est pas discutable mais alors pourquoi Donald Trump a-t-il choisi de s’entendre avec Vladimir Poutine pour rouvrir le robinet russe plutôt que de rouvrir Ormuz en scellant un compromis avec l’Iran ?
Il ne voulait simplement pas s’avouer coupable. Il ne voulait pas reconnaître l’ampleur de l’erreur qu’il avait commise en lançant son offensive contre l’Iran sans s’être préalablement assuré que ce détroit par lequel transite un quart des exportations pétrolières resterait ouvert à la navigation. A moins d’un mois des élections de mi-mandat, il ne voulait pas s’accuser lui-même des difficultés rencontrées par ses « merveilleux agriculteurs » et ses « merveilleux routiers », par ses propres électeurs, et a donc préféré mentir, éhontément mentir en faisant comme si la levée des sanctions imposées à la Russie allait permettre un retour à la normale.
Ce ne sera pas le cas. Les prix baisseront mais pas aussi spectaculairement, et loin de là, qu’ils étaient montés. Donald Trump le sait parfaitement bien mais escompte que les Américains seront assez nombreux à être impressionnés par cette annonce d’une baisse à venir pour qu’il puisse sauver sa majorité au Sénat si ce n’est pas à la Chambre.
Assez d’Américains pourraient au contraire se sentir humiliés d’être crus si faciles à berner et donner alors les dimensions d’une déroute au recul des Républicains. Rien n’est dit mais la certitude est que cet homme ne fait pas là que mépriser la nation à laquelle il prétend rendre sa grandeur.
Comme l’a déclaré la diplomatie européenne, il a aussi donné à Vladimir Poutine « les moyens de faire la guerre » car le diesel que les Américains vont lui acheter, ils vont bien sûr le lui payer, et non pas au prix d’avant mais à celui qu’a fixé l’aventure iranienne.
Si l’on résume, Donald Trump aura ainsi englouti un Himalaya de dollars dans une guerre qui n’a pas renversé la dictature iranienne mais désorganisé l’économie mondiale et qui le conduit maintenant, dans l’espoir d’éviter un désaveu électoral, à poignarder l’Ukraine en levant unilatéralement les sanctions contre la Russie dont il va remplir les caisses alors même qu’elle seconde l’Iran face aux Etats-Unis.
Ce président n’est peut-être pas cliniquement fou mais il en donne tous les signes. Ce président n’est peut-être pas tenu par les services russes mais il ne ferait pas mieux s’il l’était. Ce président est certainement le pire de toute l’Histoire américaine, le plus incapable, le plus néfaste et celui qui donne des Etats-Unis l’image la plus laide qui soit car il n’a pas hésité à aller s’entendre avec un criminel de guerre qui a résolu d’écraser les familles ukrainiennes sous les bombes à défaut de faire reculer leurs fils sur le front.
On ne peut pas imaginer pire, mais il y a pire encore.
Depuis la première seconde de sa guerre, Vladimir Poutine exige la tête de Volodymyr Zelenski qu’il voudrait remplacer par un Pétain de son choix. C’est ce qu’il appelle la « dénazification » et depuis que les Ukrainiens parviennent à frapper les raffineries russes, il exige qu’ils y renoncent tandis qu’il poursuivrait, lui, ses bombardements.
Eh bien ces deux exigences, Donald Trump les a reprises à son compte samedi. Il faut un autre président à l’Ukraine, a-t-il éructé devant les caméras en menaçant parallèlement de couper les Ukrainiens du renseignement américain s’ils ne cessaient pas leurs frappes contre les raffineries russes.
Avec un porte-parole et porte-flingue du Kremlin à la tête des Etats-Unis, nous ne pouvons compter, nous les Européens, que sur nous-mêmes.